Le biais de cadrage se produit lorsque la formulation ou le contexte dans lequel un problème est présenté influe de manière significative sur la façon dont il est perçu et résolu. Autrement dit, deux formulations équivalentes (gain vs perte, positif vs négatif) peuvent conduire à des choix opposés, révélant notre vulnérabilité à la simple sémantique ou au « packaging » de l’information.
Exemple
Kahneman & Tversky (1981) ont montré qu’un programme de lutte contre une maladie présenté en termes de vies sauvées (“Si on adopte ce plan, 200 personnes seront sauvées”) suscite une préférence nettement plus élevée qu’un plan équivalent encadré en vies perdues (“Si on adopte ce plan, 400 personnes mourront”), bien que les deux énoncés soient objectivement identiques.
Sources principales
- Toupie.org, « Biais de cadrage », consulté le 27 avril 2025 : http://www.toupie.org/Biais/Biais_cadrage.htm
- Kahneman, D. & Tversky, A. (1981). “The Framing of Decisions and the Psychology of Choice.” Science, 211(4481), 453–458.
- Levin, I. P., Schneider, S. L. & Gaeth, G. J. (1998). “All Frames Are Not Created Equal: A Typology and Critical Analysis of Framing Effects.” Organizational Behavior and Human Decision Processes, 76(2), 149–188.
Stratégies de mitigation
- Double cadrage : reformuler systématiquement chaque question ou énoncé en version « gain » et « perte » pour comparer les réponses obtenues.
- Questions neutres : présenter les données factuelles sans termes émotionnellement chargés (éviter “mort” vs “vie sauvée”).
- Analyse coût-bénéfice chiffrée : toujours accompagner les propositions de chiffres bruts et de pourcentages pour réduire l’impact de la formulation.
- Prise de recul temporelle : différer la décision pour laisser s’estomper l’effet de la première présentation, puis confronter plusieurs cadres successifs.