Réalisme naïf

Le réalisme naïf correspond à la croyance spontanée que le monde extérieur existe exactement tel qu’il est perçu, sans distorsion cognitive ni filtrage subjectif. Autrement dit, on part du principe que nos sensations et impressions offrent un accès direct à la réalité, et quiconque perçoit différemment « se trompe ».

Exemple

Dans un débat politique, deux personnes exposées à la même information concluront chacune que les faits « parlent d’eux-mêmes », et jugeront l’autre « mal informée » ou « biaisée », sans reconnaître qu’elles interprètent toutes deux à travers leurs propres filtres.

Sources principales

  • Wikiwand, « Réalisme naïf », consulté le 28 avril 2025 : https://www.wikiwand.com/fr/R%C3%A9alisme_na%C3%AFf
  • Ross, L. & Ward, A. (1996). “Naïve realism in everyday life: Implications for social conflict and misunderstanding.” Values and Knowledge, 103–135.
  • Pronin, E., Gilovich, T. & Ross, L. (2004). “Objectivity in the eye of the beholder: Divergent perceptions of bias in self versus others.” Psychological Review, 111(3), 781–799.

Stratégies de mitigation

  • Reconnaître explicitement que toute perception est médiée par nos expériences et croyances.
  • Inviter au point de vue multiple : demander comment un tiers interpréterait la même information.
  • Pratiquer l’écoute active pour comprendre le cadre cognitif de l’autre avant de réagir.
  • Utiliser des données factuelles partagées (chiffres, enregistrements) pour ancrer la discussion hors interprétation personnelle.
  • Former des groupes de relecture croisée pour identifier les angles morts perceptuels.