Un sophisme, ou raisonnement trompeur, est un type de raisonnement qui paraît logique et pertinent, mais qui contient en réalité une erreur de structure ou d’argumentation (volontaire ou non) et qui conduit à une conclusion invalide.
Mécanisme
- Habillage logique : on emploie un formalisme (connecteurs, silogismes, exemples frappants) qui masque la défaillance de l’argument.
- Exploitation des émotions ou des croyances : on joue sur la peur, la pitié, le conformisme, la fierté, etc., pour faire accepter une conclusion.
- Confusion vocabulaire / détournement de sens : on use de termes ambigus ou polysémiques pour brouiller les pistes.
- Fausse prémisse : l’argument repose sur une hypothèse inexacte, non vérifiée ou trompeuse.
Exemples courants
- Faux dilemme : « Soit tu me soutien, soit tu es contre nous. »
- Glissement de pente : « Si on autorise cela, demain on perdra toutes nos libertés ! »
- Pétition de principe : « Dieu existe parce que la Bible le dit, et la Bible vient de Dieu. »
- Sophisme du général / de la partie : « Chaque membre aime ce film, donc tout le groupe l’adore. »
- Appel à l’autorité illégitime : citer une célébrité sans expertise sur le sujet pour valider une thèse.
Stratégies de mitigation
- Apprendre à reconnaître les schémas : se familiariser avec la liste des sophismes (formels et informels).
- Vérifier les prémisses : interroger la validité et la véracité des hypothèses de départ.
- Découpler émotion et raisonnement : repérer l’usage de la peur, de la compassion ou de l’orgueil comme leviers rhétoriques.
- Exiger la rigueur logique : demander des arguments structurés, des preuves, des sources fiables.
- Jouer l’avocat du diable : reformuler l’argument de l’adversaire de façon neutre, puis tester sa solidité.