Biais d’omission

Le biais d’omission se manifeste par la tendance à juger plus sévèrement un préjudice causé par une action que le même préjudice résultant d’une inaction. Autrement dit, on considère moralement ou émotionnellement plus grave de « faire » quelque chose de nuisible que de « ne pas faire » quelque chose, même si l’issue est identique. Ce mécanisme renforce la propension à maintenir le statu quo et à éviter toute intervention, même bénéfique, de peur d’en supporter la responsabilité directe.

Exemple

Dans le contexte de la santé, des parents hésitent à faire vacciner leur enfant non pas parce qu’ils croient nécessairement aux effets secondaires, mais parce qu’ils redoutent de se sentir directement responsables d’un éventuel dommage ; alors que, sans vaccination, la maladie peut eux-mêmes causer un tort équivalent voire supérieur.

Sources principales

Stratégies de mitigation

  1. Reformulation des choix : présenter l’inaction comme une décision active (“Si vous ne faites rien, votre enfant reste exposé à…”) pour neutraliser la différence perçue entre action et omission.
  2. Mise en place de “defaults” positifs : configurer la prise de décision par défaut en faveur de l’action (ex. rendez-vous de vaccination automatique, à confirmer plutôt qu’à demander).
  3. Responsabilisation partagée : impliquer une tierce personne (professionnel de santé, communauté) pour diluer le sentiment de responsabilité individuelle en cas d’éventuel effet indésirable.
  4. Information comparative : montrer des cas où l’inaction a entraîné un résultat plus grave que l’action, afin de réaligner la perception du risque.