Le biais d’omission se manifeste par la tendance à juger plus sévèrement un préjudice causé par une action que le même préjudice résultant d’une inaction. Autrement dit, on considère moralement ou émotionnellement plus grave de « faire » quelque chose de nuisible que de « ne pas faire » quelque chose, même si l’issue est identique. Ce mécanisme renforce la propension à maintenir le statu quo et à éviter toute intervention, même bénéfique, de peur d’en supporter la responsabilité directe.
Exemple
Dans le contexte de la santé, des parents hésitent à faire vacciner leur enfant non pas parce qu’ils croient nécessairement aux effets secondaires, mais parce qu’ils redoutent de se sentir directement responsables d’un éventuel dommage ; alors que, sans vaccination, la maladie peut eux-mêmes causer un tort équivalent voire supérieur.
Sources principales
- Ritov, I. & Baron, J. (1992). Status-quo and omission biases. Journal of Risk and Uncertainty, 5(1), 49–61.
- Psychomédia, « Biais d’omission », dernière consultation le 26 avril 2025 : http://www.psychomedia.qc.ca/lexique/definition/biais-d-omission
Stratégies de mitigation
- Reformulation des choix : présenter l’inaction comme une décision active (“Si vous ne faites rien, votre enfant reste exposé à…”) pour neutraliser la différence perçue entre action et omission.
- Mise en place de “defaults” positifs : configurer la prise de décision par défaut en faveur de l’action (ex. rendez-vous de vaccination automatique, à confirmer plutôt qu’à demander).
- Responsabilisation partagée : impliquer une tierce personne (professionnel de santé, communauté) pour diluer le sentiment de responsabilité individuelle en cas d’éventuel effet indésirable.
- Information comparative : montrer des cas où l’inaction a entraîné un résultat plus grave que l’action, afin de réaligner la perception du risque.