Le sophisme ad hominem (attaque contre la personne) consiste à disqualifier l’argument de votre interlocuteur en visant sa personne plutôt que le fond de son propos. Au lieu de répondre aux idées ou aux faits avancés, on cherche à décrédibiliser l’individu (son caractère, son passé, ses motivations, etc.) pour faire oublier la validité de son raisonnement.
Mécanisme
- Détournement de l’attention : on pousse le débat hors du sujet, en focalisant sur l’attaqué plutôt que sur l’argument.
- Polarisation : en peignant l’adversaire comme irrationnel ou malhonnête, on incite le public à rejeter son point de vue sans l’examiner.
- Renforcement identitaire : l’attaque personnelle crée un effet de meute (“si tu attaques cette personne, je dois la défendre”), réduisant la capacité d’analyse critique.
Exemples
- « Comment veux-tu qu’on te prenne au sérieux ? Tu n’as même pas de diplôme ! »
- « Tu dis ça parce que tu es de gauche/riche/jeune, tes arguments n’ont aucune valeur. »
- « C’est facile de critiquer ce projet quand on n’est pas concerné sur le terrain ! »
Stratégies de mitigation
- Nommer le sophisme : signalez calmement que l’attaque est ad hominem et qu’elle n’avance pas la discussion.
- Récadrer le débat : reformulez la question pour ramener l’échange sur les faits et les arguments.
- Exiger des preuves : invitez votre interlocuteur à étayer son positionnement par des données ou des sources fiables.
- Séparer la personne de l’argument : rappelez que la validité d’une idée ne dépend pas du statut ou du passé de celui qui l’expose.