Le glissement de pente est un sophisme consistant à affirmer que la prise d’une première mesure entraînera inévitablement une série de conséquences négatives irréversibles, sans démontrer ce lien causal.
Mécanisme
- On propose un premier acte, souvent raisonnable ou limité.
- On imagine qu’il sera suivi d’un deuxième acte plus extrême.
- On anticipe une chaîne d’événements aboutissant à un résultat catastrophique.
- On omet de justifier empiriquement chaque étape de ce scénario.
Exemples
- « Si l’on autorise l’usage récréatif du cannabis, bientôt on légaliserait toutes les drogues dures. »
- « Accepter un impôt supplémentaire pour financer l’éducation, c’est ouvrir la porte à une fiscalité confiscatoire. »
- « Permettre l’euthanasie contrôlée, c’est n’être plus qu’à un pas des pratiques eugénistes. »
Stratégies de mitigation
- Exiger des preuves ou données à chaque étape de la chaîne causale.
- Distinguer chaque maillon : questionner la certitude de l’enchaînement.
- Rechercher des exemples historiques ou empiriques où la pente ne s’est pas produite.
- Reformuler l’argument en évaluant chaque mesure indépendamment.
- Faire appel à la nuance : reconnaître que des garde-fous peuvent limiter les dérives.